La délégation régionale du CICR au Koweït couvre les six pays du Conseil de coopération du Golfe, à savoir le Royaume d'Arabie saoudite, le Koweït, le Royaume de Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis et le Sultanat d'Oman. Le chef de la délégation, Gérard Peytrignet, présente les activités menées par le CICR dans cette région, en rapport notamment avec le « printemps arabe », et lors de la récente escalade de violence à Bahreïn.
Dans quelles circonstances la délégation régionale du Koweït est-elle née et quelles sont aujourd’hui ses activités et ses priorités ?
Née il y a 20 ans, après la guerre du Golfe de 1990-1991, la délégation régionale du CICR au Koweït a centré ses opérations sur la situation des prisonniers de guerre, des internés, des personnes portées disparues et des déplacés civils, en application des règles du droit international humanitaire. La recherche des personnes disparues lors du conflit se poursuit encore, le CICR présidant la Commission tripartite instituée en 1991 entre les pays de la coalition, le Koweït et l'Irak ; des réunions régulières visent à coordonner la collecte d'informations afin de retrouver les restes de disparus et d’organiser leur collecte, exhumation et identification.
Le CICR a ensuite élargi ses activités opérationnelles et non opérationnelles. En fonction des crises ou des tensions, il a entrepris des visites à des détenus de sécurité et autres catégories de prisonniers au Koweït, au Qatar et jusqu’en 2001 à Bahreïn. L’institution est également active dans les domaines du rétablissement des liens familiaux, de la recherche de personnes portées disparues, de l'échange de nouvelles entre détenus et leurs familles et d’autres services. Les détenus de Guantanamo peuvent bénéficier de conversations téléphoniques et vidéoconférences avec leurs familles à travers la délégation régionale et en collaboration avec les Sociétés nationales du Croissant-Rouge (par exemple en Arabie saoudite).
Dans le domaine de l'action préventive, le CICR mène depuis des années des programmes visant à faire connaître le droit international humanitaire, ainsi que le rôle du CICR et du Mouvement auprès des forces armées et de sécurité, des hauts responsables, des milieux académiques, des médias et de la société civile, et à développer un environnement favorable à l'action humanitaire et au respect des normes et principes humanitaires. Nous travaillons avec les médias de la région et les sensibilisons aux enjeux humanitaires ; un accord de coopération de sensibilisation a été signé cette année à cette fin avec la chaîne Al-Jazira.
Le CICR a intensifié son interaction avec les milieux islamiques, par ses institutions officielles et via des centres de recherche, des organisations caritatives et des mouvements politiques ou sociaux pour mieux faire comprendre et accepter le caractère indépendant de son action et sa base non religieuse. La délégation s’attache activement à mobiliser des fonds afin de permettre une contribution plus substantielle de cette partie du monde aux actions menées par l’institution avec les Sociétés nationales des pays de la région, en application de son mandat humanitaire universel ; des visites de dirigeants du CICR permettent de dialoguer avec les responsables concernés sur les problématiques humanitaires du moment et à assurer un meilleur ancrage institutionnel dans la région.
La suite: http://www.cicr.org/fre/resources/doc ... -interview-2011-09-01.htm |