Ali a vécu une enfance heureuse dans le sud de l’Arabie saoudite, à Najran, une région agricole dans le sud du pays, le long de la frontière avec le Yémen. « Les choses étaient simples, nous n’étions pas encore touchés par le matérialisme ou la complexité de la vie moderne », raconte-il avec nostalgie.
Au sein de la tribu semi-nomade dans laquelle il est né en 1944, la vie était douce, malgré une nature hostile. « Les femmes ne portaient ni l’abaya (NDLR : pièce de tissu traditionnellement portée par les femmes musulmanes du Golfe), ni le voile, se souvient-il. Elles travaillaient aux côtés des hommes et participaient activement aux discussions et aux consultations. » L’arrivée des wahhabites
Puis, à partir des années 1950, les wahhabites (1) ont renforcé leur présence dans la région et installé un système politique et religieux « tyrannique et austère ». Les plaintes que son père recueillait en tant que chef de tribu sont devenues de plus en plus fréquentes. « Entendre ces gens parler des injustices qu’ils subissaient de la part des autorités saoudiennes a largement contribué à mon activisme », explique-t-il.
Aujourd’hui, Ali se bat pour la liberté, la tolérance et la paix. Il a créé, en 2004, le Centre pour la démocratie et les droits de l’homme en Arabie saoudite, la seule organisation à but non lucratif entièrement consacrée à ce pays.
Lui-même n’y réside plus, car « vivre là-bas est une torture pour les libres-penseurs ». Il s’est installé aux États-Unis en 1967, après qu’Aramco, la société pétrolière qui l’employait, lui eut attribué une bourse d’études. Réformer le système
De Washington, où sont basés ses bureaux, Ali alerte la communauté internationale sur les dangers du régime saoudien, organise des conférences et des réunions au Congrès américain. Les bénévoles rassemblent des informations sur les événements et les évolutions du pays qu’ils diffusent auprès des autorités et des médias à travers le monde. « À l’intérieur du pays, l’opposition est muselée », rappelle le directeur.
Selon lui, le plus urgent est que la monarchie absolue des Al Saoud devienne constitutionnelle. La participation politique de tous est essentielle, y compris celle des femmes, ainsi que la constitution d’un État de droit non basé sur la religion, et d’un système judiciaire indépendant.
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