Poussé à la mixité par le CIO, l’émirat met tout en œuvre pour envoyer au moins une sportive à Londres cet été. Ce serait une première. C’est une boutade d’expatriés en vogue à Doha : "Le Qatar est passé du XIXe au XXIe siècle, sans s’arrêter au XXe." Il en est ainsi du sport dans l’émirat gazier, à ceci près que les champions surgissent moins facilement des dunes que les stades futuristes.
L’été dernier, le Comité international olympique (CIO) pressait le petit pays du Golfe, mais aussi l’Arabie Saoudite et Brunei, d’inclure enfin une femme dans leur prochaine délégation aux Jeux. Problème : comment dénicher des Qatariennes capables de réaliser les minima olympiques dans un bassin de population comparable à la Corse (300.000 habitants) et où les filles ont été privées de sport, souvent par leurs familles, jusqu’au début des années 2000?
Lorgnant sur l’organisation des JO 2020, l’État musulman s’emploie à satisfaire le CIO. "Nous ferons tout pour y parvenir dès Londres 2012", avait promis le cheikh Saoud Bin Abdurrahman Al-Thani, patron du comité olympique local. À six mois de l’échéance, on peut en douter. "La première Qatarienne aux Jeux sera la cavalière Al-Buainain… en 2016" pronostique Melanie Longdill, coordinatrice néo-zélandaise de l’Académie des sports féminins, ouverte à Doha en 2006. Les autres, comme la nageuse Nada Arakji ou la gymnaste Chaden Wahdan? Pas au niveau. La naturalisation expresse, qui a offert au Qatar ses deux seules médailles de bronze aux JO 1992 et 2000, avec l’athlète Mohamed Suleiman (ex-Somalie) et l’haltérophile Said Saif Asaad (né Angel Popov en Bulgarie) ? Difficile de l’exclure, mais elle ne répondrait pas à l’exigence d’exemplarité du CIO, et les règlements l’ont rendue plus difficile.
32 médailles… régionales
"La volonté du Qatar de promouvoir les femmes dans le sport est pourtant très forte, assure Wafaa Hamoud, libanaise auteure d’un documentaire sur le sujet. Les moyens mis en œuvre sont énormes, avec des campagnes de sensibilisation dans les écoles et les médias, des tournois scolaires de détection. Les meilleures sont poussées à s’entraîner avec d’excellents techniciens, dans des équipements luxueux. Et tout est gratuit." De premiers fruits ont été récoltés.
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